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Zinal, Septembre 2002 (11 - 15 Septembre) Bruno &
Goéric
Voici le rapport d'une petite expé en Suisse sous la forme
d'un mail à Thomas ...
Salut Tom,
Désolé de ne pas t’avoir répondu plutôt... En fait j’avais
commencé à t’écrire un long mail, puis je l’ai perdu! Alors t’es où pour le
moment? Si j’ai bien compris tu n’as pas vu Inès finalement...
Bon je t’écris surtout pour répondre à ta question
concernant la Suisse... Eh bien, la réponse est OUI! j’ai réussi à convaincre
Bruno: lundi, il ya deux semaines la météo s’annonçait bonne en Suisse pour la
fin de la semaine... J’ai donc proposé à Bru de partir le mercredi 11 septembre
au soir, de s’arrêter dans les Vosges et d’arriver le jeudi midi à Zinal pour
repartir le dimanche matin vers la belgique. D’abord c’était non parce que Bru
avait une formation le vendredi puis finalement en insistant un peu, Bru s’est
laissé convaincre (heureusement parce que depuis la météo est vraiment
mauvaise!).
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La tente (et Bru) au milieu de la couronne de Zinal.
Ici, on voit l’Obergabelhorn en arrière plan. |
Après une nuit sympa dans les Vosges où on est arrivé vers
minuit, on a continué notre route vers Zinal le jeudi matin. Après un petit
passage à la Coop locale pour le pain/fromage/saucisson traditionels, nous
avons chargé nos sacs et nous sommes partis en direction de la cabane du
Mountet (c’est près de la que je voulais aller avec toi, Yol et MC à la base
fin mai, puis ça s’était avéré un peu ambitieux… et je confirme, c’était
beaucoup trop ambitieux!). C’est une des plus longues marche d’approche que
j’aie faite: 1200m de dénivelé (OK classique), et 10km en distance... Bref on
est arrivé crevés à la cabane, mais on a été très bien accueillis: ils nous ont
proposé un super endroit ou planter la tente avec une vue magnifique sur la
« couronne de Zinal » (Grand Cornier, Dent Blanche, Obergabelhorn,
Zinalrothorn et plein d’autres!).
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Au sommet du Trifthorn avec vue plongeante sur la valée de
Zermat. A droite, le massif du mont Rose |
Le lendemain (vendredi) lever à 5h pour le Trifthorn,
« petit » sommet sans grande prétention entre le Zinalrothorn et
l’Obergabelhorn. Le sommet culmine à 3725m, c’est une course de neige côtée PD.
A cette époque, il fait encore bien noir à 5 heures et nous avons du mal à
trouver l’attaque du glacier : nous nous perdons un peu dans la moraine.
Finalement on est sur le glacier et on progresse relativement bien, mais nous
sentons tous les deux l’effet de se trouver du jour au lendemain à 3000m.
Surtout que vu le mauvais temps des dernières semaines, il y a beaucoup de
neige fraiche et donc aucune trace pour le sommet (il faut tracer sa route pour
passer une chute de serac et surtout trouver le bon endroit pour passer la
rimaye). Vers la fin il faut vraiment faire la trace dans 20 à 30 cm de
neige... C’était dur physiquement. Mais finalement on arrive au sommet sans
problème avec un temps magnifique et une super vue sur les sommets
environnants... La vue la plus impressionnante est certainement la face Nord de
l’Obergabelhorn (deuxième face Nord de Wouter...).
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A la descente, on jette un oeil en arrière sur le sommet
du Trifthorn et sur notre trace… |
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Vue sur la face Nord de l'Obergabelhorn. |
Nous rentrons à la cabane vers une heure, où depuis le matin,
nous observons des allers-retour d’un hélico de l’armée: ils font le
ravitaillement en bois de la cabane. Nous proposons allors d’aider à rentrer le
bois: il devait y avoir entre une et deux tonnes de bois au moins! Ca nous a
permis de nous occuper l’aprem et de ne pas se faire cramer bêtement au soleil.
Nous avons même gagné un chocolat chaud. Le gardien nous a donné des conseils
pour le sommet qu’on comptait faire le lendemain: le Besso, un sommet rocheux à
3670m. La voie normale est une arête rocheuse, « sur excellent
rocher », côtée AD.
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Durant la marche d’approche vers la cabane, vue sur la face
nord du Besso |
Donc le lendemain matin, lever un peu plus tard pour ne
plus se retrouver perdus dans le noir ! L’approche est longue : il
faut marcher pendant plus d’une heure sur un pierrier… Finalement nous arrivons
à l’attaque où la « vraie » escalade commence. Je propose à Bru de
commencer à grimper désencordés (pour se mettre un peu à l’aise). Lorsque nous
arrivons sur l’arête, nous nous encordons. Au début, je montre un peu à Bru
comment on place des sangles pour s’assurer. Le rocher est effectivement très
bon, et l’escalade très sympa. On se fait rattraper par des hollandais qui
finalement ne grimpent pas tellement plus vite que nous. Un peu plus tard par
contre dans une partie plus difficile ou nous avions justement à nouveau
rattrapés les hollandais, deux suisses arrivent… Ils étaient partis, eux, le
matin même de Zinal!!! Le premier de cordée était un gars qui avait déjà fait
(entre autres) tous les sommets les plus hauts de tous le continents etc etc...
un bête quoi! Donc, ils nous dépassent tranquille... Ensuite c’était notre tour
de s’engager dans ce passage : c’était déjà vraiment plus de
« l’escalade », genre tu mets tes pied sur des petites prises, main
en inversé... etc Mais bon le niveau de difficulté n’était pas au dessus de III
sup. Quand même impressionnant quand t’as bcp de vide en dessous et que Bru
t’assure sur un piquet de tente que quelqu’un avait planté au pied des
difficultés! Et ici pas moyen de mettre un sangle sur au moins 10m... (je
précise quand même que les suisses sont passés sans s’assurer du tout, mais que
les hollandais avaient sortis les coinceurs...).
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Au sommet du Besso. Au fond au centre, l’Obergabelhorn
et à droite, le Cervin. |
Bref, finalement on se retrouve tous au
sommet, lorsqu’on arrive, les suisses descendent déjà pour continuer avec la
traversée d’une arête essentiellement rocheuse pour arriver à un autre sommet
(le Blanc de Moming) et redescendre finalement à la cabane. Il est clair que
nous descendrons par la voie classique (côtée PD) sachant qu’on a mis 8 bonnes
heures pour le sommet alors que le guide indique 4-5 heures! Les hollandais,
confiants (alors qu’ils ont quasi mis le même temps que nous) décident de
continuer comme les suisses! Après avoir repris un peu de force on redescend à
la cabane. Il y a une série de rappels qui sont installés et permettent de
descendre plus rapidement en « toute » sécurité. Vers la fin de la
descente nous voyons de gros éboulis vers le milieu de l’arête qui permet de
faire la traversée vers l’autre sommet... On apprendra que ce sont les
hollandais qui se sont rendu compte qu’ils n’arriveraient jamais à l’autre
sommet et descendent donc par un chemin un rien foireux! Ahhhh lalalaaaaa,
fallait que ce soient des hollandais évidemment. On rentre donc à la cabane (à
19h) où on retrouve les deux suisses déjà là depuis une demi-heure!
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Vue sur la face sud du Besso. |
Comme nous avions prévus de rentrer le samedi dans la
valée, nous n’avons plus de nourriture et nous mangeons à la cabane. Nous
passons encore une nuit en altitude et redescendons le dimanche matin (tôt) à
Zinal. Puis c’est le retour en Belgique.
Voilà… un WE en Suisse bien rentabilisé, avec deux
belles courses. Le premier jour n’étant pas au top de ma forme je n’aurais
certainement pas pu faire plus. Le deuxième jour par contre j’étais nettement
plus en forme. Bru l’était moins, il était surtout moins à l’aise. Mais c’était
certainement une superbe course de rocher, niveau AD, et ce pour une première
de la part de Bru ! En tout cas, je peux te dire qu’au niveau rocher
c’était nettement plus sérieux que l’arête centrale du petit Combin, c’était
clairement plus du niveau du Grand Cornier, en plus court peut-être et surtout
en meilleur rocher. Qui sait, si j’avais été avec toi, tu m’aurais peut-être
convaincu de faire la traversée vers le Blanc de Moming (comme les suisses). Ce
sera pour une autre fois ! En tout cas, je suis vraiment content de ce WE
avec Bru et je pense que lui aussi : il a pu se remettre un peu dans le
bain de l’alpinisme et tout ça avec une météo géniale.
Voilà, j’espère que tu as eu le courage de lire
jusqu’au bout… Faudra qu’on réorganise ce genre de petite expé. Qui sait peut-
être qu’il yaura encore moyen de trouver un créneau fin octobre… Ce serait
étonnant, mais on peut tjrs rêver ! Ah oui, merci encore pour le sac à
dos ! Finalement j’ai pris un Berghaus, un peu plus petit que mon ancien,
mais sinon très bien conçu et très confo, je l’ai utilisé les 4 jours!
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