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[Dépêches]
Mardi
25 janvier
Mercredi26 janvier
Jeudi
27 janvier
Vendredi 28 janvier
Samedi
29 janvier
Dimanche 30 janvier
Lundi
31 janvier
Mardi 1 février
Mercredi
2 février
Jeudi 3 février
Vendredi
4 février
Samedi 5 février
Dimanche
6 Février
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Jour
6 : Dimanche 30 janvier
Tout comme la nuit
dernière, le vent s'est levé vers 3h du matin. Vers 4h30,
ça bougeait vraiment fort... et au réveil à 7h, ça ne s'est
évidemment pas calmé. Nous décidons tout de même de lever
le camp et d'essayer d'atteindre la cabane de Grahogdbu qui
se trouve 14km au Nord-Ouest de notre position; par rapport
à hier la situation est tout de même meilleure puisque le
ciel est dégagé et la visibilité est bonne.
Bruno prépare
le déjeuner pendant que je déblaie les pulkas et la tente.
Après le déjeuner, nous remplissons rapidement les pulkas.
Reste à démonter la tente, ce qui n'est pas une mince affaire
avec des vents pointant à 40km/h. A 10h45, nous sommes prêts
à partir, la question est de savoir si nous enlevons une couche
d'isolation thermique... pour démonter la tente et ranger
les pulkas nous avons mis nos deux polars, polypropylène et
veste (+cagoule et masque tempête), ce qui n'était pas de
trop. Par contre en marchant, on va peut-être avoir trop chaud.
Finalement, on décide de tout garder, ce qui n'était pas une
bonne idée**.
Nous marchons avec
le vent entièrement de face ; la progression est difficile.
Pour regarder la carte il faut faire demi-tour avec les pulkas
pour avoir le vent dans le dos. A mesure qu'on avance, on
a de plus en plus chaud au buste... on ouvre alors partiellement
la veste mais la neige soufflée s'insinue partout, et il devient
alors difficile de garder le capuchon bien ancré sur la tête.
On a l'impression de ne pas avancer.
Les pauses pour
manger et pour boire sont trop rares, ce qui fait qu'on se
fatigue d'autant plus vite. Les derniers 4km se font avec
le vent de travers, ce qui facilite peut-être l'avancement
mais refroidit plus le visage. Le chasse-neige devient plus
important (l'épaisseur de la couche de neige soufflée augmente).
Finalement, la cabane apparaît au loin... c'est alors que
je remarque que Bruno commence une engelure au bout du nez
(il faut dire qu'avec le vent la température ressentie descend
jusque -35°). En passant la cagoule sur son nez, l'exposition
est réduite. Il est vraiment temps d'arriver, mais on a l'impression
que la cabane ne s'approchent pas. A 4h30 nous arrivons enfin,
exténués physiquement et moralement. Nous nous reposons un
peu devant le poêle avant de décharger les pulkas.
A 18h15, alors
que nous n'attendions plus personne (nous étions seuls jusqu'à
ce moment-là), un groupe de 8 Anglais débarque; bref, il y
a de l'animation. Tout le monde s'installe et essaie de faire
sécher ses affaires. Nous attendons que les Anglais aient
fini de faire leur souper avant d'entamer le nôtre (fondre
de la neige pour 8, prend un certain temps...). En tout cas,
demain sera une journée de repos. Nous nous endormons vers
22h00 alors que les Anglais discutent encore.
**
La règle à suivre est de partir en ayant froid, en marchant
on se réchauffe de toute façon rapidement (règle facile à
énoncer mais difficile à appliquer). Ce qu'il faut éviter
à tout prix, c'est de transpirer : d'abord parce qu'on perd
de l'eau inutilement, ensuite parce qu'on mouille les vêtements
difficilement séchables.
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